Enquête sur le bien-être des hamsters syriens à travers des sondages auprès des propriétaires
Burrowing for answers: Investigating Syrian hamster welfare through owner surveys. Vet Rec. 2024 Nov 2;195(9):e4534. doi: 10.1002/vetr.4534. Epub 2024 Aug 7. PMID: 39113341.
Fox A, Neville V.
Traduction et résumé par Margot Giat que je remercie profondément
Contenus de la page
Objectif :
Les hamsters syriens sont des animaux de compagnie relativement courants au Royaume-Uni. Cependant, on connaît très peu leurs conditions de détention. Cette étude avait pour objectif d’identifier les bonnes et mauvaises pratiques parmi les propriétaires de hamsters syriens à l’aide d’enquêtes.
Méthode :
Une enquête en ligne a été réalisée entre mars et avril 2023 auprès de propriétaires britanniques de hamsters syriens âgés de plus de 18 ans, diffusée via Facebook, Reddit et le bouche-à-oreille. L’objectif était de recueillir des informations sur l’élevage, le comportement et la santé des hamsters.
Le questionnaire comprenait 37 questions réparties en sept sections : informations sur le propriétaire et le hamster, la cage, l’alimentation, les interactions, le comportement, la santé et l’expérience de possession. Les réponses incluaient choix multiples, texte libre et échelles analogiques visuelles pour estimer la fréquence des comportements. Si un propriétaire possédait plusieurs hamsters, il répondait pour celui dont le nom venait en premier alphabétiquement.
L’échelle analogique visuelle a été utilisée pour permettre aux propriétaires de donner des estimations continues de la fréquence des comportements, reflétant les observations limitées dans la journée. Toutes les réponses étaient anonymes et volontaires, avec consentement éclairé, et aucun incitatif n’était offert.
Résultats :
548 questionnaires ont été analysés. La majorité des répondants étaient des femmes âgées de 25 à 39 ans, vivant dans des foyers de deux adultes sans enfants. La plupart possédaient un seul hamster, souvent mâle, âgé de 13 à 24 mois, acquis principalement en animalerie. La majorité recommandait les hamsters comme animaux de compagnie.
Plus de 95 % des propriétaires fournissaient une roue, une cachette ou un jouet à mâcher, et plus de 90 % logeaient leur hamster seul. Cependant, 18,4 % utilisaient des boules pour hamster, certains animaux recevaient une alimentation partiellement inadaptée (principalement du muesli acheté en magasin, complété par des fruits, légumes ou parfois des protéines animales), et plus de 45 % des propriétaires signalaient que leur hamster était logé à proximité d’espèces prédatrices (chien/chat). La majorité des hamsters (65,9 %) n’avaient jamais été vus par un vétérinaire. L’utilisation de boules pour hamster, une profondeur de substrat faible (11 à 20cm) et une manipulation fréquente étaient significativement associées à une observation accrue de comportements de morsure de barreaux par les propriétaires. Le claquement de dents était plus fréquent lorsque la cage était nettoyée plus souvent (cages nettoyées majoritairement entre une et deux fois par semaine).
Conclusion :
Cette étude visait à évaluer le bien-être des hamsters syriens domestiques en comparant leurs conditions de logement et de soins avec les recommandations et la biologie des hamsters sauvages. Les résultats suggèrent que, dans l’ensemble, de nombreux besoins des hamsters sont correctement satisfaits : la plupart vivent seuls, disposent d’objets d’enrichissement comme des cachettes, des jouets à ronger, des zones pour creuser et une roue adaptée. Les comportements naturels tels que le stockage de nourriture et le creusement sont fréquemment observés.
Cependant, plusieurs points de préoccupation ont été identifiés : l’usage de boules à hamster (18 % des cas) peut causer stress et blessures, la profondeur du substrat est souvent insuffisante (< 30 cm), les hamsters sont parfois logés près de prédateurs (chiens, chats), et leur alimentation est majoritairement composée de muesli, sans protéines animales. La majorité n’a jamais été vue par un vétérinaire, ce qui soulève des inquiétudes, car les hamsters cachent naturellement les signes de maladie.
Certains comportements liés au stress ont été observés : morsures des barreaux, claquements de dents et agitation. Ces comportements étaient plus fréquents avec des substrats peu profonds, l’usage de boules à hamster, une manipulation trop fréquente ou un nettoyage intensif des cages. Bien que ces observations soient corrélatives et nécessitent prudence, elles suggèrent que la manipulation et le nettoyage pourraient être affinés pour limiter le stress.
En conclusion, l’étude met en évidence des pratiques correctes mais aussi plusieurs axes d’amélioration : éviter les boules à hamster, fournir un substrat profond, offrir une alimentation équilibrée, éloigner les prédateurs et optimiser la manipulation et le nettoyage des cages. La diffusion d’informations pratiques aux propriétaires, par exemple via les animaleries, est cruciale pour améliorer le bien-être des hamsters.

