Enquête préliminaire sur le logement des hamsters nains en groupe
Preliminary investigation into the housing of dwarf hamsters. Vet Rec. 2023 Aug-Feb 19;193(4):e3170. doi: 10.1002/vetr.3170. Epub 2023 Aug 1. PMID: 37527402.
Hedley JE, Pettitt A, Abeyesinghe SM.
Traduction et résumé par Margot Giat que je remercie profondément
Contenus de la page
Objectif :
Bien que les hamsters de compagnie soient largement disponibles, la littérature concernant leur élevage et leur santé reste limitée, et les recommandations pour leur entretien sont variables. Cette étude s’est intéressée aux conditions de logement de différentes espèces de hamsters nains, en se concentrant sur les facteurs influençant l’échec de la cohabitation.
Méthodes :
Une enquête en ligne (mai-juillet 2020) a étudié les conditions de logement et les facteurs de cohabitation chez trois espèces de hamsters nains (Campbell, Sibérie, Roborovski). Le questionnaire (22 questions) portait sur les caractéristiques des hamsters, les installations, les soins vétérinaires et les comportements agressifs. Les animaux ont été classés selon leur statut de cohabitation (toujours seul, en cohabitation, séparé pour agressivité ou autres raisons).
L’échec de cohabitation a été défini comme une séparation liée à des comportements agonistiques. L’analyse statistique (chi², Fisher, régression logistique) a évalué le rôle du sexe, de l’espèce et de l’âge. L’inclusion de questionnaires incomplets a permis de maximiser le nombre d’animaux analysés.
Cette méthodologie vise à identifier les facteurs de risque de cohabitation problématique afin d’améliorer le bien-être et les pratiques d’élevage des hamsters nains.
Résultats :
Un total de 248 questionnaires ont été analysés. Ceux-ci concernaient 102 P. campbelli, 59 P. sungorus, 65 P. roborovski et 22 hamsters d’espèce non précisée, comprenant 130 mâles, 113 femelles et 5 de sexe inconnu.
Données sur l’habitat :
Les hamsters étaient maintenus dans des enclos de tailles variées, allant de 30 × 36 × 30 cm à 152 × 121 × 90 cm. Trente enclos (12,1 %) mesuraient moins de 75 cm de longueur. Parmi les hamsters en couple ou en groupe (n = 25) :
- 48 % avaient moins de gamelles de nourriture que d’animaux,
- 60 % avaient moins d’abreuvoirs,
- 20 % avaient moins de cachettes,
- 60 % avaient moins de roues d’exercice que d’animaux.
Soins vétérinaires :
La majorité des hamsters (74,2 %, n = 184) n’avaient jamais reçu de soins vétérinaires.
Cohabitation :
La plupart des hamsters étaient maintenus seuls :
- 148 (59,6 %) toujours seuls,
- 25 (10,1 %) toujours logés avec d’autres.
Parmi les 20 hamsters vivant en couple :
- 9 paires P. campbelli, 3 paires P. sungorus, 5 paires P. roborovski, 2 paires mixtes P. campbelli/P. sungorus, 1 paire d’espèce non précisée.
- 10 couples mâle-mâle, 9 femelle-femelle, 1 sexe inconnu.
- 95 % étaient issus de la même portée.
Parmi les 5 hamsters vivant en groupes :
- 3 groupes de P. roborovski, 1 de P. campbelli, 1 non précisé.
- Taille des groupes : 3 à 7 hamsters.
- 3 groupes de portées communes, 1 mère avec petits, 1 groupe mélangé.
En tout, 75 hamsters (30,2 %) avaient été séparés après une cohabitation :
- 65 séparés pour comportements agonistiques (morsures, bagarres, cris, griffures),
- 10 pour d’autres raisons (prévenir la reproduction, décès d’un compagnon).
Les données montrent que l’échec de cohabitation diminuait avec l’augmentation du nombre de gamelles et d’abreuvoirs, mais ces données doivent être interprétées avec prudence car certains propriétaires ont pu ajuster les ressources après la séparation.
En comparant les 65 hamsters séparés pour agressivité aux 25 hamsters vivant encore en cohabitation, une association significative a été trouvée avec l’âge (p = 0,005) :
- Les hamsters de plus de 6 mois avaient 4,75 fois plus de risque d’échec de cohabitation (IC 95 % : 1,597–14,126).
- Aucune association significative n’a été trouvée avec le sexe ou l’espèce.
Conclusion :
Cette étude est la première à examiner le logement et la dynamique de groupe des hamsters nains de compagnie. La majorité des propriétaires maintiennent leur hamster seul, bien que 26 % aient précédemment tenté la cohabitation mais séparé les animaux pour comportements agressifs, ce qui pourrait sous-estimer le véritable échec de cohabitation. Une association significative a été trouvée entre l’âge (> 6 mois) et l’échec de cohabitation, tandis que le sexe et l’espèce n’étaient pas liés à ce phénomène.
Les enclos sont très variables, et 12 % font moins de 75 cm, ce qui limite l’exercice naturel et peut affecter le bien-être. La plupart des propriétaires fournissent plusieurs cachettes mais une seule roue, gamelle et abreuvoir, ce qui peut accroître le stress social et les conflits liés aux ressources, notamment la nourriture. Les agressions diminuent lorsque plusieurs gamelles et points d’eau sont disponibles.
Un problème majeur identifié est que 74 % des hamsters n’ont jamais reçu de soins vétérinaires, ce qui souligne l’importance d’un suivi régulier. L’étude note aussi un biais possible lié à la population interrogée (propriétaires plus informés que la moyenne) et que des comportements subtils pourraient avoir été manqués, sous-estimant l’agression.
En conclusion, les principaux problèmes de bien-être sont :
- Taille insuffisante des enclos,
- Échec fréquent de cohabitation, surtout après 6 mois,
- Insuffisance de ressources pour les hamsters en couple ou en groupe, favorisant l’agression.
Les auteurs recommandent : soins vétérinaires réguliers, enclos adaptés, ressources multiples, et séparation des hamsters avant 6 mois pour réduire le stress, les comportements anormaux et l’agression, et ainsi améliorer le bien-être des hamsters nains.

