Le hamster commun en danger a besoin de protéines
The endangered common hamster needs proteins: identifying diversified crop-based diets improving hibernation and reproductive success. Conserv Physiol. 2024 Dec 13;12(1):coae082. doi: 10.1093/conphys/coae082. PMID: 39678701; PMCID: PMC11638673.
Gérard T, Robin JP, Kletty F, Habold C.
Traduction et résumé par Margot Giat que je remercie profondément
Contenus de la page
Contexte :
L’agriculture moderne orientée vers la production a entraîné un déclin de la biodiversité agricole. En Europe, un exemple préoccupant est le hamster commun (Cricetus cricetus), un rongeur hibernant autrefois largement répandu dans les terres agricoles et aujourd’hui classé en danger critique. Le déclin de cette espèce est lié à une diminution significative de la masse corporelle des hamsters à leur sortie d’hibernation et de leur taux de reproduction. Des travaux antérieurs ont montré que les monocultures de maïs et de blé, responsables de carences nutritionnelles sévères, sont une cause majeure de ce phénomène.
Objectif :
Pour prévenir ces carences, les auteurs ont testé en conditions contrôlées l’effet de huit régimes nutritifs sur l’hibernation et la reproduction des hamsters.
Méthode :
Les régimes ont été sélectionnés selon leur composition nutritionnelle et en consultation avec des agriculteurs. Trois régimes riches en lipides ont été testés (« avoine–tournesol », « pomme de terre–tournesol » et « sarrasin–tournesol »), deux régimes riches en protéines (« maïs–haricot » et « maïs–pois »), un régime intermédiaire (« blé–soja »), ainsi que le « blé germé » et la « betterave sucrière ».
Résultats :
Les hamsters nourris avec des régimes riches en lipides présentaient une meilleure condition corporelle à la fin de l’hibernation. Cependant, le succès reproductif restait faible dans tous les groupes, seulement 17 % des essais reproductifs ayant abouti à une naissance. Néanmoins, la quantité de protéines ingérée par les femelles avant la reproduction augmentait la probabilité de naissance, tandis que la survie des petits jusqu’au sevrage était positivement corrélée à la condition corporelle des mères.
Dans l’ensemble, les résultats montrent que les hamsters ont besoin d’un régime équilibré pour assurer leur reproduction. Les régimes pauvres en protéines entraînaient un faible taux de naissance et les régimes pauvres en lipides entraînaient une condition corporelle réduite et donc une faible survie des petits. L’association « blé–soja » répondait le mieux aux besoins nutritionnels des hamsters. Ces résultats soulignent la nécessité d’améliorer les pratiques agricoles actuelles afin de fournir un environnement nutritionnel plus adapté pour le hamster commun et la faune des terres agricoles.

